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Anciens des Jeux du Canada

Sharon Firth

6/17/21

by: Bernie Puchalski, BP Sports Niagara

Pleins feux sur les anciens : Sharon Firth

Cet hiver a marqué 50 ans depuis que Sharon Firth a participé aux Jeux d’hiver du Canada pour la première fois.

« À l’époque, les Jeux du Canada étaient le plus grand événement au Canada pour les jeunes et une occasion propice pour les personnes autochtones de monter sur la scène, et c’est ce qu’on a fait », dit la résidente de Harvie Heights, en Alberta, qui a aujourd’hui 68 ans. « Le grand programme de nos jours c’est À nous le podium, et effectivement il était à nous, aux Territoires du Nord-Ouest, à ma sœur Shirley, à Roseanne Allen et à moi. »

Lors des Jeux d’hiver du Canada de Saskatoon (Saskatchewan) qui ont eu lieu en février 1971, Shirley a remporté la médaille d’or à la course de cinq kilomètres, Sharon a remporté la médaille d’argent, et Allen, la médaille de bronze. Elles ont également gagné la course de relais. Shirley et Allen sont toutes deux décédées depuis cette année mémorable. 

« À cette époque, on ne réfléchissait pas à notre héritage autochtone. Simplement, on était impliquées dans un sport qu’on adorait et on représentait notre peuple », raconte Sharon. « On habitait dans le nord, et on représentait des peuples autochtones de partout au pays. C’était une question de donner le meilleur de nous-même et de gagner, et c’est ce qu’on a fait. Se tenir debout sur le podium, c’était vraiment bien. »    

Les résultats n’étaient pas surprenants.

« On n’était pas surprises puisqu’on s’est entraînées fort et on était bien préparées aux Jeux. Notre équipe était forte, et on travaillait bien ensemble », dit Firth. « On les a surpris : tout le monde voulait gagner contre les jumelles Firth, puisqu’on était fortes. »

Mais les vaincre s’avérera difficile. 

« On s’est entraînées tous les jours après l’école et les fins de semaine, parce que c’était amusant. Si quelque chose est amusant, c’est facile de s’engager à le faire tous les jours, et tous nos amis le faisaient aussi. La pression des pairs t’incite à faire ce que tes amis font, mais dans ce cas-ci, c’était une pression positive. »

Les Firth ont commencé à faire du ski à l’âge de 13 ans dans le cadre du programme Territorial Experimental Ski Training (T.E.S.T.). Financé par le gouvernement fédéral, il était conçu pour former des skieurs et des skieuses de niveau international et offrir aux jeunes Autochtones la possibilité de s’impliquer dans le sport.

« Beaucoup de gens nous ont dit, “s’il n’y avait pas eu le programme T.E.S.T., où seriez-vous aujourd’hui, les filles?”. On ne le considérait pas en tant que “le programme T.E.S.T.”. C’était pour nous une occasion d’avancer dans la vie, de voyager, de voir le monde et d’apprendre comment vivent d’autres cultures. »

Les jumelles se sont entraînées sur des pistes faites maison aux Territoires du Nord-Ouest. 

« Ce n’était pas donné. On a travaillé extrêmement fort », dit Firth.

Cependant, elle a contesté une histoire souvent répétée qui prétend que les jumelles s’entraînaient la nuit en portant des lampes de mineurs sur leurs tuques.

« C’est peut-être inventé. Les gens diraient n’importe quoi pour avoir une histoire à raconter. »

Les deux sœurs ont fait leurs débuts sur la scène nationale en 1968, à l’âge de 15 ans, remportant des courses au Canada, en Alaska et en Suède. Au cours de leurs carrières, Sharon a décroché 19 médailles d’or, 14 médailles d’argent et quatre médailles de bronze aux championnats nationaux, et sa sœur a remporté 29 médailles d’or, 10 médailles d’argent et trois médailles de bronze. Elles étaient membres de l’équipe nationale à partir de 1970 jusqu’en 1984. 

Sharon a également participé aux Jeux d’hiver du Canada de 1975 à Lethbridge, en Alberta, et aux Jeux de 1979 à Brandon, au Manitoba.

Les jumelles Firth, qui ont été parmi les toutes premières femmes autochtones à participer à diverses compétitions internationales de ski de fond, ont représenté le Canada lors de quatre éditions consécutives des Jeux olympiques d’hiver : 1972, 1976, 1980 et 1984. Seuls le patineur de vitesse légendaire Gaétan Boucher, le planchiste Jasey-Jay Anderson, et l’étoile de hockey féminin Hayley Wickenheiser ont égalé ou surpassé cet exploit. Aux Olympiques, l’équipe de Sharon s’est classée deux fois parmi les 10 meilleures équipes à la course de relais et Sharon s’est classée sept fois parmi les 30 meilleures concurrentes aux épreuves individuelles.  

Lorsque Sharon a pris sa retraite du ski, elle est devenue conseillère en programmes jeunesse pour le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Dans ce rôle, elle s’adressait à des communautés partout dans les territoires.   

De nombreux accomplissements figurent sur son C. V. impressionnant, y compris les suivants : elle a participé à quatre championnats mondiaux; elle et sa sœur ont été les premières femmes autochtones intronisées au Temple de la renommée des sports du Canada; elle s’est vu décerner le Prix du commissaire des Territoires du Nord-Ouest (1981); elle a été décorée de l’Ordre du Canada (1987); elle a été la récipiendaire de la Médaille du jubilé d’or de la Reine (2002); elle a été intronisée au Temple de la renommée du ski canadien (1991); elle a remporté le Prix national d’excellence décerné aux Autochtones (2005); elle a été intronisée au Banff Sports Hall of Fame (2008); et elle a reçu la Médaille du jubilé d’argent de la Reine (2012).

« Il est question de traiter les autres avec respect et de donner le meilleur de soi-même. C’est ce que j’ai appris en voyageant partout dans le monde et en participant à des compétitions de ski », dit-elle.

Par ailleurs, les sœurs Firth figurent dans deux documentaires, un épisode de l’émission animée Molly of Denali de CBC et sur un timbre de Postes Canada paru en 2018.

Les jumelles ont passé quatre ans dans une école résidentielle où elles ont subi un traitement horrible. La récente découverte des restes de 215 enfants au Kamloops Indian Residential School a bouleversé Sharon.  

« J’espère et je prie pour que je ne développe pas de haine en moi-même envers la race humaine », dit-elle. « On nous a mis sur cette Terre pour s’entendre les uns avec les autres, et ce n’est pas ce que nous faisons. Une race domine. Nous sommes des êtres humains avec différentes origines, et pouvez-vous vous imaginer à quel point ce serait ennuyant s’il n’y avait qu’une race. Nous devrions chercher la paix intérieure et ne plus discriminer ni échanger de propos haineux sur les réseaux sociaux. » 

Elle est convaincue que le Canada et le monde ont beaucoup à apprendre des peuples autochtones, évoquant les Jeux dénés en guise d’exemple.

« Si un athlète n’atteint pas son objectif, les autres athlètes viennent l’aider, le guider et l’entraîner. On ne voit plus ça dans les sports ces jours-ci. Il s’agit toujours de se battre les uns contre les autres, et ce n’est généralement que les trois premiers qui se félicitent », dit-elle. « Aux Jeux dénés, tout le monde se serre la main. » 

Elle est de l’avis que d’autres Jeux devraient suivre cet exemple.

« Nous faisons preuve d’esprit sportif, et quand quelqu’un gagne, nous gagnons tous. »

Cet article a été produit par BP Sports Niagara, une agence détenue et exploitée par Bernie Puchalski et Bill Potrecz. Le texte a été traduit vers le français par Rachael Buxton.

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