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Ancien des Jeux du Canada

Megan Van Heyst

6/2/20

by: Christopher Séguin

Un combat de tous les instants face à la pandémie

Le 12 mars 2020 devait être une journée inoubliable pour Megan Van Heyst.

L’athlète féminine junior de l’année 2019 du club Triathlon Manitoba venait d’accomplir un exploit dont la plupart n'aurait même pas rêvé d’accomplir avant l’obtention de leur diplôme d’études secondaires.

Elle a autopublié un livre.

Plus précisément, elle a mis presque trois ans à écrire un roman science-fiction de 326 pages, intitulé « The Collected ». L’aboutissement de ses efforts aurait dû être un événement joyeux pour cette jeune femme de 17 ans de Stony Mountain (Manitoba), mais le tout s’est transformé en un moment aigre-doux.

« J’ai toujours aimé la lecture et l’écriture. J’ai commencé à écrire [ce roman] à l’âge de 15 ans et, j’ai toujours rêvé de publier un livre », raconte Megan qui aspire aux Jeux d’été du Canada Niagara 2021. « Il a finalement été publié [le 12 mars] mais la COVID-19 est apparue et les magasins ont fermé ce qui a été, pour le moindre, décevant. »

En ce jeudi du mois de mars, l’épidémie du nouveau coronavirus se répandait déjà rapidement en Amérique du Nord. À peine 24 heures avant la publication de son livre, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré une pandémie. La journée suivante, Triathlon Canada a promptement émis un avis aux voyageurs à tous ses athlètes.

Le message lisait « si vous êtes à l’étranger, rentrez au Canada dès que possible », ce qui a signifié à l’entraîneur de Megan qu’il était temps de rentrer.

La triathlète, Megan Van Heyst (la troisième personne à partir de la droite) se place pour la prise d’une photo accompagnée de l’entraîneur Gary Pallett (au centre) et les membres de l’équipe du Manitoba Triathlon Centre, le 2 juin 2019 à Pleasant Prairie
La triathlète, Megan Van Heyst (la troisième personne à partir de la droite) se place pour la prise d’une photo accompagnée de l’entraîneur Gary Pallett (au centre) et les membres de l’équipe du Manitoba Triathlon Centre, le 2 juin 2019 à Pleasant Prairie (Wisconsin).

Gary Pallett, l’entraîneur en chef au Manitoba Triathlon Centre (MTC) depuis 2000, était en tournée en Floride lorsque l’avis fut émis.  Il accompagnait deux de ses athlètes à la rencontre 2020 Sarasota PATCO Triathlon Junior North American Championships qui devaient se tenir du 13 au 15 mars. Cette dernière course de leur tournée a été remise.

 « La pandémie est un défi pour tout le monde, c’est certain. J’assistais à quelques compétitions en Floride lorsque le tout s’est déclenché », raconte Pallett qui est l’entraîneur de Megan depuis environ cinq ans.

 « En mon absence et sans mon appui, Megan et mes autres athlètes au Manitoba ont dû récupérer leurs vélos et leur équipement entreposés à [l’université du Manitoba, Winnipeg]. Je suis rentré le 16 mars et puisque j’étais en provenance des États-Unis, j’ai été confiné en isolement jusqu’à la fin du mois. »

À son retour, la gravité de la situation s’accentuait au Manitoba. Megan et ses coéquipiers ne pouvaient plus s’entraîner dans les installations publiques, la province a déclaré l’état d’urgence et Triathlon Manitoba, ayant déjà annulé sa programmation, a suspendu tous ses événements.

« Pendant ces deux semaines, je pense que tout le monde était en état de choc », ajoute Pallett. «  Mais je crois que Megan et sa famille ont su composer avec cette situation mieux que quiconque.  Elle a une bonne compétence en résolution de problèmes et d’obstacles à l’entraînement alors que la plupart des autres athlètes n’étaient pas aussi bien préparés à ces changements. »

De tous les athlètes inscrits au programme de l’entraîneur Pallett, Megan est celle qui habite la région la plus éloignée de Winnipeg.  Ses parents, Dave et Lauri, font régulièrement le trajet de quarante minutes à l’aller et au retour de l’université du Manitoba afin que leur fille puisse s’entraîner aux installations universitaires en tant que membre de l’équipe MTC.

Megan en pleine compétition de catégorie féminine élite junior lors de la rencontre 2019 Pleasant Prairie Cup Triathlon au Wisconsin (É.-U.), le 2 juin 2019.
Megan en pleine compétition de catégorie féminine élite junior lors de la rencontre 2019 Pleasant Prairie Cup Triathlon au Wisconsin (É.-U.), le 2 juin 2019.

Lorsque Megan n’avait plus accès aux installations publiques, elle a trouvé qu’il était fort difficile de s’entraîner, comme tous les autres athlètes d’ailleurs.

L’étudiante de cycle supérieur du Stonewall Collegiate ne savait pas trop comment procéder et, pire encore, son calendrier de compétitions 2020 commençait à s’effriter alors qu’on annulait les courses de part et d’autres. Tout ça n’était pas très motivant.

 « Chaque fois qu’on annonçait une annulation, c’était comme si je recevais une gifle en plein visage », raconte Megan. « Les premières semaines ont été très difficiles.  Je faisais un entraînement très limité parce que je ne savais pas comment m’entraîner à la maison. »

Le fait de ne pas avoir accès à une piscine aggravait le problème sans quoi il lui était impossible d’améliorer sa performance à la nage pendant cette période de pandémie – ce qui inquiétait son père, Dave.  Il avait vu sa fille travailler sans relâche avant la fermeture des établissements du pays et il craignait qu’elle perde sa forme à la nage à moins qu’il n’entreprenne certaines démarches.

Alors, il s’est lancé dans un premier remue-méninges.

« Il m’est venu une idée, ‘Ma foi, ce serait formidable d’avoir une piscine de nage à contre-courant comme dans un spa’. Alors, j’ai commencé à faire des recherches sur Internet », raconte-t-il.

« En évaluant les produits disponibles, j’ai remarqué que si l’athlète est un nageur puissant et que le courant n’est pas assez fort, qu’on pouvait utiliser une attache pour rendre le nageur stationnaire. Alors, c’est comme si l’athlète nageait sur place, un peu comme un tapis roulant. Alors, je me suis dit que si on avait une piscine hors terre, on pourrait faire la même chose avec une attache. »

« Et, c’est à peu près ce que j’ai fait.  Je suis allé chez Canadian Tire et j’ai acheté une piscine, 12 pieds de largeur et 30 pouces de profondeur. Une piscine à bon marché de 140 $. J’ai encadré la structure pour la rendre plus petite et plus profonde et pour la stabiliser. Et, tout a étonnement bien fonctionné. »

Megan à la nage, attachée en place, dans la piscine d’entraînement que ses parents lui ont construite avec du bois et un revêtement de piscine et qu’ils ont installée dans le garage de leur maison en raison de la pandémie de COVID-19.
Megan à la nage, attachée en place, dans la piscine d’entraînement construite par ses parents, avec du bois et un revêtement de piscine, installée dans le garage de leur maison en raison de la pandémie de COVID-19.

Une idée simple mais ingénieuse que Dave a mis à exécution dans un délai d’environ une semaine.

À la première fin de semaine du mois d’avril, il a pu offrir à sa fille une piscine octogonale de 10 pieds de largeur et 3 pieds de profondeur, installée dans le garage. Il n’y a pas de courant mais avec une attache accrochée au mur et fixée à la ceinture de sa combinaison de plongée, Megan peut procéder à un entraînement stationnaire.

« Bien, ce n’est pas tout à fait comme nager dans une piscine parce qu’on ne peut pas y aller de plein fouet et parce que je n’ai pas mon entraîneur à mes côtés pour corriger ma technique », dit Megan. « Mais, je peux ralentir l’action et me concentrer sur certains mouvements que je dois améliorer et, je peux envoyer des vidéos à mon entraîneur. »

« Alors, les choses ne s’améliorent pas (avec la pandémie), mais c’est super parce que je peux utiliser cet équipement entre temps. » 

À peu près au même moment, Pallett s’est lui aussi adapté à la situation.

Dans le but d’aider ses athlètes confinés à la maison, l’entraîneur en chef du MTC a commencé à présenter des sessions virtuelles d’entraînement sur la plateforme Zoom.  À chaque semaine, Pallett organise trois sessions de vélo et trois sessions de course à pied tandis qu’un second entraîneur s’occupe de deux sessions d’entraînement de force musculaire.

« Je ne suis pas doué pour les nouvelles technologies alors, c’est mon directeur exécutif qui a recommandé les sessions Zoom. Nous les avons ajoutées au programme au début du mois d’avril », explique Pallett. « Nous avions [d’abord] planifié un camp d’entraînement de deux semaines à Tucson (Arizona) à la fin mars. Alors, Zoom n’est pas un compromis optimal mais c’est la meilleure   alternative. »

Megan (à la droite) participe au relais du triathlon féminin lors de sa première présence aux Jeux du Canada à Winnipeg (Manitoba) en 2017.
Megan (à la droite) participe au relais du triathlon féminin lors de sa première présence aux Jeux du Canada à Winnipeg (Manitoba) en 2017.

Enfin, Megan pouvait s’adonner à tous les sports requis et elle a intensifié son entraînement et, malgré qu’elle n’ait pas d’objectif pour la saison 2020, elle a tourné son attention vers les Jeux d’été du Canada Niagara 2021 ce qui la garde motivée.

« Maintenant que toutes les courses de cette année ont été annulées, [Niagara 2021] est devenu mon principal objectif. Je veux à tout prix m’y rendre », affirme Megan. « C’est mon prochain objectif, ma prochaine étape à franchir. J’ai vraiment aimé mon expérience aux Jeux [en 2017], alors je veux y aller encore une fois. »

À seulement 17 ans, Megan a déjà beaucoup d’expérience aux jeux multisports. En 2019, elle a remporté une médaille d’argent et une médaille de bronze aux Jeux d'été de l'Ouest canadien à Swift Current (Colombie-Britannique).  Elle a aussi participé aux Jeux du Manitoba en 2016 et, comme elle l’a déjà mentionné, l’adolescente de Stony Mountain a fait sa première expérience des Jeux du Canada lorsque sa province natale a accueilli l’événement, il y a trois ans.

« Aux Jeux de Winnipeg [2017], j’ai été sélectionnée comme deuxième suppléante [pour le Manitoba] », raconte Megan, qui avait 15 ans à cette époque. « Mais il y a eu plusieurs accidents de parcours lors des courses individuelles et trois [autres provinces] allaient manquer d’athlètes pour participer [au relais]. Alors, ils ont eu besoin de tous les suppléants [du Manitoba]. Et, on m’a avisé que je devais être de la partie le lendemain et ce fut vraiment très excitant. »

Vu les circonstances, Megan s’est présentée et a concouru pour l’équipe de Terre Neuve et Labrador au relais féminin du triathlon des Jeux d’été du Canada 2017. L’équipe s’est classée septième mais, peu importe les résultats, l’expérience a suffi à inspirer la jeune athlète à tenter de revivre un tel moment.

Megan (au centre), originaire de Stony Mountain (Manitoba), pose pour une photo avec ses coéquipières de Terre-Neuve et Labrador avec lesquelles elle a participé au relais du triathlon féminin aux Jeux d’été du Canada 2017 qui ont eu lieu à Winnipeg.
Megan (au centre), originaire de Stony Mountain (Manitoba), pose pour une photo avec ses coéquipières de Terre-Neuve et Labrador avec lesquelles elle a participé au relais du triathlon féminin aux Jeux d’été du Canada 2017 qui ont eu lieu à Winnipeg.

En 2021, Megan espère endosser avec fierté les couleurs de sa province et suivre dans les pas des meilleurs triathlètes manitobains tels que Sarah-Anne Brault, Tyler Mislawchuk et Kyla Roy, tous et toutes médaillé(e)s des Jeux du Canada.

Par contre, puisque Niagara 2021 est à 400 jours de son ouverture, Megan et ses parents ont d’autres projets à accomplir. La jeune femme de 17 ans sera bientôt diplômée du Stonewall Collegiate lors d’une cérémonie virtuelle. À l’automne, elle poursuivra ses études dans un programme de baccalauréat en sciences à l’université du Manitoba. Elle compte continuer sa carrière d’athlète et son entraînement avec l’équipe MTC malgré l’absence d’un programme de triathlon.

« En ce moment, il n’y a pas de programme de triathlon à l’université du Manitoba mais j’espère pouvoir faire de la course de fond en tant que membre de l’équipe Bison », ajoute Megan. « J’aimerais aussi suscité l’intérêt des étudiants à se joindre au circuit du Western Canadian Triathlon. »

 « Je sais que le triathlon est un sport qui peut s’étaler sur toute une vie, alors je modifierai mon entraînement et mes attentes de saison en saison et d’une manière qui s’accorde et qui convienne à chaque moment. »

Entre temps, en plus de l’entraînement et, malgré la pandémie de COVID-19, Megan continue de s’adonner aux activités qui lui plaisent, à l’extérieur des parcours de triathlon. Évidemment, l’écriture qui lui a permis de publier un premier roman, compte parmi ces activités.

« Tout au long de ma vie, j’ai toujours tenté de ne pas concentrer mes énergies sur une seule chose », raconte Megan. « Alors, malgré que le triathlon devient de plus en plus difficile et que [mon école] soit fermée, j’ai toujours d’autres activités intéressantes qui m’occupent pour le moment. »

 « J’aime la peinture, l’écriture, le sport équestre et plein d’autres choses. Alors, maintenant, je peux m’adonner à plein d’activités variées. Enfin, c’est chouette, alors! »

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